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 Interview with Simone Bertière, author of L'Insoumise 
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Comte/Comtesse
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Joined: Wed Dec 07, 2005 1:44 pm
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Post Interview with Simone Bertière, author of L'Insoumise
Interview with Simone Bertière, author of "Marie-Antoinette, l'Insoumise", in my opinion probably the best Marie Antoinette bio ever written.

"L'insoumise", c'est le titre de la biographie que vous avez consacrée à Marie-Antoinette. L'avez-vous choisi pour la rendre plus proche de nous, plus moderne et donc la réhabiliter en tant que féministe avant l'heure ?

J'ai choisi le qualificatif qui colle le plus à sa personnalité. Les autres reines étaient dociles, on les avait élevées pour cela. Elles devaient incarner l'idéal de la bonne épouse, douce et pieuse, et de la bonne mère de famille. Marie-Antoinette a fait le contraire. Elle a refusé de se plier aux servitudes du métier de reine. Elle s'est tout d'abord montrée réticente devant la perspective des maternités. A quatorze ans et demi, elle n'avait pas du tout envie d'avoir des enfants et d'enchaîner les grossesses tous les quinze mois jusqu'à ce que mort ou vieillesse s'ensuivent. On peut la comprendre ! Mais elle s'est surtout dérobée aux fonctions de représentation : elle voulait vivre sa vie, être autonome, choisir ses amis, ne pas être le reflet de son mari. À Trianon, elle recevait au nom de la reine, alors qu'en principe la reine de France n'a aucune propriété personnelle puisque tout appartient au roi. Toute sa vie, Marie-Antoinette s'est révoltée. Elle avait une volonté! et une énergie de fer qu'elle tenait de sa mère Marie-Thérèse. Cette énergie s'est retrouvée jusque devant le Tribunal révolutionnaire : elle ne s'est pas soumise, bien qu'elle fût épuisée et malade. La Révolution n'a pas réussi à la briser. Il est donc évident que ses réactions la séparent complètement de ses aînées et la rapprochent des femmes d'aujourd'hui par sa volonté d'exister par elle-même, d'avoir une autonomie par rapport à son mari, un statut personnel, des activités propres. Elle veut aussi élever ses enfants elle-même, à l'école de Rousseau. C'est une sentimentale. Il y a déjà quelque chose de romantique dans sa mélancolie : elle a cette tristesse, cette incapacité à se satisfaire de ce qui est. Elle veut toujours autre chose. Elle a la crainte du temps qui passe, la peur de vieillir. Elle est beaucoup moins dévote que les précédentes reines et l'Église ne lui apporte aucun réconfort face aux difficultés qu'elle rencontre. Tout cela la rapproche de nous. Cependant il serait abusif de faire d'elle une féministe, car il faudrait pour cela qu'elle prenne en compte la condition de l'ensemble des femmes. Or elle ne s'occupe que d'elle ! Mais le féminisme actuel peut se réclamer de Marie-Antoinette.

Lorsque l'on pense à Marie-Antoinette, on ne peut s'empêcher de penser à Axel de Fersen. L'informatique n'a pas réussi à résoudre le mystère des passages censurés de leur correspondance. Selon vous, s'agirait-il plutôt d'effusions sentimentales ou d'allusions politiques compromettantes?

Pour moi, il n'y a aucun doute. Il s'agissait de confidences affectives, bien que les héritiers de Fersen aient prétendu avoir censuré des passages mettant en cause le roi de Suède. J'ai vu quatre de ces lettres qui ont été rachetées par les Archives de France. Dans l'une d'elles, je crois avoir déchiffré sous les ratures trois mots : "loin de vous", suivant une allusion à l'impossibilité d'être heureuse. En revanche nous n'avons aucun moyen de savoir s'il y eut entre eux une véritable liaison charnelle. La légende veut que oui. Que Marie-Antoinette fût amoureuse de Fersen, c'est certain, elle ne s'en est pas cachée. Elle avait éperdument besoin de tendresse. Mais cela a-t-il suffi à la conduire dans un lit ? Pour nos contemporains, cela va de soi. Mais est-ce si sûr ? Tout d'abord, elle était frigide et, après les difficultés qu'elle avait connues avec Louis XVI, on peut comprendre que la chose lui parût peu désirable ! Ensuite, elle était encore susceptible d'avoir des enf! ants et elle n'avait sûrement pas envie de prendre un risque pareil : une fille des Habsbourg ne s'expose pas à donner des enfants à un autre qu'un roi ! Enfin, si Louis XVI a accepté de faire de Fersen le conseiller du couple royal pendant la Révolution, c'est qu'il avait confiance en lui. Tel qu'on le connaît, très strict en matière de moralité, il me semble qu'il n'aurait pas accordé cette confiance s'il avait cru que sa femme le trompait charnellement. Je pense donc que pour Marie-Antoinette, la présence de Fersen auprès d'elle comme chevalier servant comblait son c¦ur et qu'ils se sont contentés d'être, comme on l'a dit parfois, des "amants restreints" On sait d'ailleurs que Fersen allait chercher son plaisir auprès d'autres maîtresses plus douées !


Wed Dec 07, 2005 1:56 pm
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Joined: Thu Dec 01, 2005 9:54 am
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Thank you so much, York74! It's a pleasure to read this interview again and again...

I've also loved Berthière's bio, one of the best ones, in my opinion, if not the best one. I also see a rebel in Marie-Antoinette. And I find the author's analysis very acurate and clever.

Before this book, I have the feeling specialists often described Marie-Antoinette as a poor little thing... or, let's be ferocious, for Zweig, as a good German wife, only happy when mother.

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te voir encore me rappelle à la vie


Thu Dec 08, 2005 4:51 pm
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Joined: Sat Mar 25, 2006 4:04 pm
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Very interesting and accurate! I would like to read Berthiere's entire work someday. No, Antoinette was not pious in the way of her mother and Queen Marie Lescinska before her. She did have convictions, however, for which she was willing to take a stand.


Fri Apr 07, 2006 7:01 pm
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Joined: Wed Mar 07, 2007 10:21 am
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Interested by your and Pim's positive reaction to this Thérèse, as I always thought that you felt that MA had no more than friendly feelings for Fersen? I liked Bertière's bio but I found her fairly critical of MA's behaviour in emancipating herself from the court. She always seems to find it unkeeping with her status. In this she ignores the first formative fourteen years spent in a much less rigid court and with a mother who taught her to stand up for herself. Even her brother mocks the ridiculous etiquette of Versailles when he visits France. As Vidal points out MA was brought up surrounded by the arts, ballet, theatre etc and a fairly open way of thinking, and I think that Trianon and her "société de la reine" was a matter of survival for her otherwise she would have suffocated. And despite this she was criticised for whatever she did, either for extravagance or for over simplicty in her later manner of dressing. Louis XVI understood and encouraged this need of MA to have her own world, what is more he felt that need himself, and never felt really comfortable with the court etiquette. So he went hunting which was a drug for him...

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"Fidelité et constance, sans espoir de récompense."


Mon Apr 16, 2007 3:14 pm
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